« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 17


Kochi

Le temple, dédié à Vishnu, de Chendamangalam est au même endroit depuis 3000 ans. Sa caractéristique actuelle est qu’il est en bois et que des milliers de supports de bougies entourent ses murs extérieurs. Lors des cérémonies ( festivals) les bougies donnent l’impression qu’il est en feu. Le plus important festival a lieu en avril mais beaucoup d’autres moins importants ont lieu régulièrement. C’est un lieu très fréquenté et lors des missions de jeunes une visite guidée s’impose. Aujourd’hui nous avons travaillé sur deux projets avec Meenakshi et Praveen. Le premier concerne Bourges 2028, capitale européenne de la culture. Dans le cadre deux projets la mise en avant des droits de l’environnement, en partenariat avec le Tribunal de Bourges et le Muséum d’histoire naturelle, nous souhaitons mettre en avant ce que peuvent nous apporter les peuples premiers peuples tribaux) dans l’étude de leur relation ancestrale avec la nature. Ils possèdent des connaissances et ont des comportements qui les mettent à égalité avec tout le vivant. Depuis la révolution industrielle, l’humain s’est placé comme seul décideur de ce que la nature lui doit (eau, air, minerai, pétrole, gaz, animaux, biodiversité, etc.). Inutile d’expliquer ce à quoi cela conduit partout sur la planète : gaz à effet de serre, hausse des températures, fonte des glaces, montée des eaux, feux, sécheresses, inondations, crises économiques et guerres pour s’approprier le reste des ressources, famines, déplacement des populations, etc. Cette ère n’est pas géologique, elle est la 1ère évolution de la planète causée par un phénomène autre qu’elle même ! Ce sont les activités des humains qui ont modifié l’évolution de la planète et cette ère se nomme : anthropocène. Depuis les années 1950 et surtout 1970, les scientifiques mais aussi beaucoup de gens des campagnes, des paysans, alertaient sur les dangers du mode de développement choisi et imposé par la manipulation des informations. Le consumérisme, nouvelle religion, nous a aveuglé et l’écologie politique de René Dumont et autres lanceurs d’alerte a rapidement été prise en main par une classe sociale qui a marginalisé, par leurs discours et attitudes, le fond du problème …

Une nouvelle voie est urgente, dramatiquement urgente, et revenir à la raison et à la connaissance des peuples premiers peut nous aider. Descendre l’humain du piédestal sur lequel il s’est mis, pour reprendre notre place parmi le cercle O du vivant ! Cette nouvelle ère s’appelle le symbiocène. Les humains se sont créés des droits, il faut en donner à tous les vivants : insectes, oiseaux, herbes, arbres, eau, terre, air, bactéries, etc. A.S.I.E est membre du groupe opérationnel du Droit de l’environnement présidé par le Tribunal et par le Muséum d’histoire naturelle de Bourges. En novembre prochain un colloque établira, entre autres, ce que seront les droits des marais de Bourges et les droits des chauves-souris (Bourges est un centre mondialement connu pour ses recherches sur les chauves-souris). Ces actes, plus qu’un symbole, ouvriront une action en 2028 lors de Bourges Capitale européenne de la culture. A ce moment, nous imaginons entrer en contact avec les tribus du Tamil Nadu et peut-être faire venir des membres de tribus pour expliquer ce que sont leurs rapports à leur environnement. Le but du symbiocène nʼest pas de revenir à l’âge de pierre ou même les années 1950, mais de s’inspirer des modes de relations avec l’environnement pour agir dans notre quotidien, pour nos créations de richesses, nos réels besoins et non désirs compulsifs, notre répartition des ressources et richesses, nos choix démographiques, etc. Dans quelques jours nous nous rendrons dans des tribus au Tamil Nadu pour échanger avec ces peuplades et voir com- ment récolter leurs savoirs et les transmettre …

Avec Meenakshi et Praveen nous avons commencé à travailler sur la 2ème mission en février 27 avec les tisserandes à Chendamangalam. Une nouvelle réunion de travail est nécessaire pour finaliser le projet. Les rickshaws (touc-toucs en Afrique) sont plusieurs dizaines de millions en Inde. Ils polluent énormément ! Le gouvernement indien a décidé de les remplacer par des rickshaws électriques (couleur bleue) pour les années 2032 et 2030 à New Delhi où il y en a 500 000! Solution moins polluante, et c’est urgent, mais pas pérenne en raison de l’utilisation de batteries coûteuses en terres rares et difficilement recyclables !! Un pas important mais qui ne peut être que transitoire. Aratim nous a quitté pour rentrer en France, il nous a apporté beaucoup de compétences et d’expériences pour les futurs projets à Nilakottai, à Theny et à Chendamangalam. Merci à Centraider de permettre à leur équipe d’accompagner des associations directement sur le terrain. Aratim a aussi beaucoup appris et va intégrer ces nouveaux savoirs dans la manière de gérer des actions en Inde ! Pour finir nous vous offrons une pluie de moussons qui serait bien utile en Europe !!