« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 18


Kochi

Il pleut beaucoup depuis deux jours mais nous essayons de profiter des accalmies pour marcher … Marcher nous manque car nous circulons surtout en voiture et en rickshaw. Demain nous partons pour la foret au Tamil Nadu, nous allons pouvoir nous rattraper ! Ce matin nous avons visité le Deutch Palace ( Palais des Hollandais) qui pourra être un sujet dans la préparation des jeunes l’année prochaine et une visite instructive. L’histoire de Cochin à partir du 16ème siècle est une succession de guerres entre les portugais, les hollandais, les anglais, les français ! Posséder Cochin était important car c’était une place importante pour faire du commerce ! La mission est plus calme depuis deux jours mais des demain nous partons au Tamil Nadu pour comprendre un peu mieux le milieu de la jungle et pour rencontrer des populations tribales. Je suis impatient !!!

Mais comment financièrement s’organise une mission à A.S.I.E ? Souvent des personnes soupçonnent que les bénévoles des associations en tirent des avantages personnels. Oui, ils sont culturels et humanistes mais pas financiers. Être bénévole c’est donner de son temps pour une cause à laquelle on adhère. Au delà du temps donné, la solidarité internationale conduit à des déplacements sur le terrain que l’association ne peut prendre à sa charge car trop couteux. Aussi, notre association est reconnue d’intérêt général ce qui signifie qu’elle accomplit une mission que l’État reconnaît devoir faire mais qu’elle délègue à l’association. La solidarité internationale est un devoir de l’État auquel nous nous substituons. Pour faciliter l’engagement, il permet de défiscaliser 66% des dépenses des missions. Aussi, en tant que bénévole, nous payons 100% des frais engagés (transports, hébergement, visa, médicaments spécifiques, etc.). Une attestation fiscale nous est remise et nous permettra à ce que 66% du montant soient retirés des impôts. C’est clair, transparent car tout doit être sur facture. Aux 33% qui restent à notre charge nous ajoutons tous les frais de repas et autres dépenses pour lesquelles nous n’avons pas de facture ce qui est toujours le cas en Inde. Ce principe est malgré tout injuste car les bénévoles qui ne paient pas d’impôts sur les revenus n’en bénéficient pas … A l’association dans ce cas, nous trouvons des aides ou des dons pour permettre à tout le monde de partir. C’est la même chose pour les jeunes qui partent en mission. Cela suppose une gestion comptable stricte et lourde à suivre. Daniel, notre trésorier en sait quelque chose !!! Merci à lui pour son engagement total ! Ce soir avec Praveen, d’Ecoventure, nous avons organisé les prochains jours dans la forêt et nous nous couchons tôt car demain sera une longue journée !

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 17


Kochi

Le temple, dédié à Vishnu, de Chendamangalam est au même endroit depuis 3000 ans. Sa caractéristique actuelle est qu’il est en bois et que des milliers de supports de bougies entourent ses murs extérieurs. Lors des cérémonies ( festivals) les bougies donnent l’impression qu’il est en feu. Le plus important festival a lieu en avril mais beaucoup d’autres moins importants ont lieu régulièrement. C’est un lieu très fréquenté et lors des missions de jeunes une visite guidée s’impose. Aujourd’hui nous avons travaillé sur deux projets avec Meenakshi et Praveen. Le premier concerne Bourges 2028, capitale européenne de la culture. Dans le cadre deux projets la mise en avant des droits de l’environnement, en partenariat avec le Tribunal de Bourges et le Muséum d’histoire naturelle, nous souhaitons mettre en avant ce que peuvent nous apporter les peuples premiers peuples tribaux) dans l’étude de leur relation ancestrale avec la nature. Ils possèdent des connaissances et ont des comportements qui les mettent à égalité avec tout le vivant. Depuis la révolution industrielle, l’humain s’est placé comme seul décideur de ce que la nature lui doit (eau, air, minerai, pétrole, gaz, animaux, biodiversité, etc.). Inutile d’expliquer ce à quoi cela conduit partout sur la planète : gaz à effet de serre, hausse des températures, fonte des glaces, montée des eaux, feux, sécheresses, inondations, crises économiques et guerres pour s’approprier le reste des ressources, famines, déplacement des populations, etc. Cette ère n’est pas géologique, elle est la 1ère évolution de la planète causée par un phénomène autre qu’elle même ! Ce sont les activités des humains qui ont modifié l’évolution de la planète et cette ère se nomme : anthropocène. Depuis les années 1950 et surtout 1970, les scientifiques mais aussi beaucoup de gens des campagnes, des paysans, alertaient sur les dangers du mode de développement choisi et imposé par la manipulation des informations. Le consumérisme, nouvelle religion, nous a aveuglé et l’écologie politique de René Dumont et autres lanceurs d’alerte a rapidement été prise en main par une classe sociale qui a marginalisé, par leurs discours et attitudes, le fond du problème …

Une nouvelle voie est urgente, dramatiquement urgente, et revenir à la raison et à la connaissance des peuples premiers peut nous aider. Descendre l’humain du piédestal sur lequel il s’est mis, pour reprendre notre place parmi le cercle O du vivant ! Cette nouvelle ère s’appelle le symbiocène. Les humains se sont créés des droits, il faut en donner à tous les vivants : insectes, oiseaux, herbes, arbres, eau, terre, air, bactéries, etc. A.S.I.E est membre du groupe opérationnel du Droit de l’environnement présidé par le Tribunal et par le Muséum d’histoire naturelle de Bourges. En novembre prochain un colloque établira, entre autres, ce que seront les droits des marais de Bourges et les droits des chauves-souris (Bourges est un centre mondialement connu pour ses recherches sur les chauves-souris). Ces actes, plus qu’un symbole, ouvriront une action en 2028 lors de Bourges Capitale européenne de la culture. A ce moment, nous imaginons entrer en contact avec les tribus du Tamil Nadu et peut-être faire venir des membres de tribus pour expliquer ce que sont leurs rapports à leur environnement. Le but du symbiocène nʼest pas de revenir à l’âge de pierre ou même les années 1950, mais de s’inspirer des modes de relations avec l’environnement pour agir dans notre quotidien, pour nos créations de richesses, nos réels besoins et non désirs compulsifs, notre répartition des ressources et richesses, nos choix démographiques, etc. Dans quelques jours nous nous rendrons dans des tribus au Tamil Nadu pour échanger avec ces peuplades et voir com- ment récolter leurs savoirs et les transmettre …

Avec Meenakshi et Praveen nous avons commencé à travailler sur la 2ème mission en février 27 avec les tisserandes à Chendamangalam. Une nouvelle réunion de travail est nécessaire pour finaliser le projet. Les rickshaws (touc-toucs en Afrique) sont plusieurs dizaines de millions en Inde. Ils polluent énormément ! Le gouvernement indien a décidé de les remplacer par des rickshaws électriques (couleur bleue) pour les années 2032 et 2030 à New Delhi où il y en a 500 000! Solution moins polluante, et c’est urgent, mais pas pérenne en raison de l’utilisation de batteries coûteuses en terres rares et difficilement recyclables !! Un pas important mais qui ne peut être que transitoire. Aratim nous a quitté pour rentrer en France, il nous a apporté beaucoup de compétences et d’expériences pour les futurs projets à Nilakottai, à Theny et à Chendamangalam. Merci à Centraider de permettre à leur équipe d’accompagner des associations directement sur le terrain. Aratim a aussi beaucoup appris et va intégrer ces nouveaux savoirs dans la manière de gérer des actions en Inde ! Pour finir nous vous offrons une pluie de moussons qui serait bien utile en Europe !!

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 16


Chendamangalam

Chendamangalam est un district ( département) et le nom de la ville principale. C’est la dernière action sur laquelle nous allons travailler de cette mission. Les tisserandes de Chendamangalam étaient 400 en 2018 dans plusieurs collectifs de femmes. Réputées pour la qualité de leur travail, elles vendaient leurs saris et autres tissus dans tout le sud de l’Inde. Entièrement fait à la main, les familles venaient acheter les saris et tissus pour les grands événements comme le mariage ! En 2018, une très forte mousson provoqua une coulée de boue qui submergea le village et recouvrit les maisons. Il y eut de nombreuses victimes et un grand nombre de familles quittèrent le village pour aller à Cochin dans le bidonville. A.S.I.E est informée et, avec le soutien du Conseil départemental du Cher, nous envoyons à notre partenaire, Ecoventure, une aide financière pour acheter des ustensiles de cuisine pour que les familles ayant tout perdu, puissent cuisiner ! Pendant 2 ans, les familles ont dégagé et réparé leur maison et les ateliers ! 200 tisserandes restaient pour reprendre le travail. Mais la Covid 19 survint et pendant deux ans bloqua les populations. De très nombreuses personnes moururent du virus ! En 2022, il ne restait plus que 40 tisserandes !

Ecoventure nous informa qu’une jeune femme de Chendamangalam, brillante étudiante à Delhi, rentrée pour retrouver sa maman à la suite du décès de son papa, voulait aider les tisserandes à reprendre leur activité et qu’elle cherchait des partenaires associatifs pour soutenir les collectifs de tisserandes. En mission à ce moment là nous sommes allés sur place et avons convenu de mettre en œuvre un projet de réparation des métiers à tisser presque tous cassés. En février 26, 10 élèves du lycée du bâtiment Jean de Berry de Bourges sont venus faire l’inventaire des métiers réparables et ils ont réparé deux métiers à tisser ce qui permis l’embauche de 2 tisserandes … Une nouvelle mission aura lieu en février 27 pour poursuivre le travail et aller plus loin dans le soutien qu’on pourrait apporter à ces femmes toutes de castes basses. Une réunion de travail demain mettra au clair les idées collectées aujourd’hui ! Nous étions accompagnés par le docteur Marvel qui a pu donner des conseils sur les postures à avoir pour éviter les maux de dos, des épaules et des genoux. Emmanuelle dessine depuis le début de la mission, le lien ci-dessous vous conduit vers ses dernières productions

https://www.instagram.com/emm.gaia?igsh=aGJ10W1mdmZ2OWIx

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 15


Kannankara

Les back waters sont des bras d’eau douce qui vont se jeter à la mer. Ils mesurent plus de 1500km et pénètrent profondément dans les terres. Poissonneux, ils permettent la pêche au carre chinois, vaste filet carré suspendu à une potence qui s’abaisse et se relève. Touristiques, il y flotte, en saison haute, des centaines de bateaux couverts de feuilles de palmiers tressées. C’est une activité éducative lorsqu’un guide vous fait découvrir la richesse de la flore qui les borde et des oiseaux qui y pêchent et nichent sur des îlots de fleurs de lotus. Lors des missions au Kerala, c’est une activité incontournable et enrichissante.

Autre activité à faire découvrir et à discuter, ce sont les messages de prévention peints sur les murs des villes pour sensibiliser les habitants à différentes causes de notre époque. Explicites et accompagnés de textes pour les lettrés, ces messages traitent de tous les sujets liés à la santé, l’environnement, la drogue, l’alcoolisme, etc. Gandhi est souvent figuré dans les messages, son aura est intact et mobilise encore une grande majorité des indiens. Les footballeurs, dont je vous ai déjà parlé, sont super « hérotisés » à lʼimage de Ronaldo puissamment musclé sur cette photo …

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 14


Kochi

Fort Cochin est un ensemble de petites rues en bord de mer d’inspiration portugaise. Très touristique ce ne sont que des boutiques de toutes sortes dans de vieilles maisons qui mériteraient une profonde rénovation. Nous sommes hors saison, il fait très chaud et humide, et se promener n’est possible que le matin de bonne heure et le soir. En dehors du quartier touristique nous retrouvons une ville indienne traditionnelle avec ses quartiers aisés et d’autres pauvres. Le Kerala est un des états les plus riches d’Inde mais le taux de pauvreté reste important. Pendant la saison des pluies, comme maintenant, elles rendent la vie plus difficile car l’humidité suinte partout dans les taudis où vivent beaucoup de personnes . Lors des grosses pluies de mousson, comme nous venons d’en avoir une, les routes sont inondées et l’eau entre dans les maisons délabrées …

Ne pas parler des chiens en Inde c’est oublier des millions de ces animaux qui n’appartiennent à personne, traînent et dorment n’importe où. Entre-eux ils forment des clans qui défendent leur territoire et se battent ! Sinon ils sont généralement indifférents aux humains et réciproquement.

En attendant qu’il fasse moins chaud, nous avons pu faire une visio avec la vice-présidente de l’association pour travailler sur un dossier en cours pour une future mission en Ouzbékistan en avril 27. Si l’été l’activité des associations est ralentie nous avons malgré tout des informations et des appels à projets à lire. Fort Cochin est connu également pour abriter le tombeau de Vasco de Gama, navigateur portugais qui est passé par le cap de Bonne Espérance (pointe de l’Afrique) pour rejoindre l’Inde. Il y vécut 22 ans et mourut à Fort Cochin. Sa dépouille a été amenée à Lisbonne peu après …

Autre particularité indienne et ceci dans tout le pays est le suivi, parfois fanatique, du football mondial ! Des associations de supporters des équipes nationales affichent de grandes banderoles avec leurs héros dessus. C’est Messi et l’équipe d’Argentine qui a le plus de succès suivi de Ronaldo et le Portugal. La France avec Mbappé ont leurs fans mais dans une moindre mesure. Un des opium des peuples a envahi la planète et les indiens n’y échappent pas eux qui étaient auparavant plutôt centrés sur le criket !

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 13


Kochi

Ces deux derniers jours nous ont permis de récupérer un peu ! Nous mesurons que depuis notre départ de Bourges nous n’avons jamais pu nous reposer ! Pris par le mouvement mais aussi la nécessité de valider notre programme d’évaluation et de projection vers un nouveau projet nous n’avons pas vu le temps passé … Le projet « eau et assainissement » va engager des fonds importants et si au départ nous pensions le réaliser en plusieurs étapes, ce que nous avons vu nous oblige ! Comment, maintenant que nous avons connaissance de ce que vivent les 1500 habitants de ces 4 villages et qui nous ont reçu avec l’espoir que leur situation s’améliore, nous pouvons leur dire que la moitié d’entre eux n’aura accès à l’eau potable qu’en 2032! Avec Aratim, qui a été d’une aide indispensable et d’expert, nous allons pouvoir solliciter des partenaires financiers et remplir des dossiers !

A l’association nous allons constituer une petite équipe de bénévoles pour assurer la gestion financière puis opérationnelle de cette action sur 3 ans. Nous avons roulé une grande partie de la journée et sommes ce soir à Fort Cochin. Les paysages sont superbes, la route très sinueuse et notre chauffeur nous a créé parfois quelques frayeurs !!! Les pluies de la mousson ont été raisonnables. En soirée nous avons rencontré notre partenaire d’Ecoventure, Praveen Muraleedharan, avec qui nous travaillons sur l’action « Tisser un fil, tisser des liens » à Chendamangalam à 40 km de Cochin. Après demain nous irons sur place pour rencontrer notre autre partenaire de cette action, Meenakshi Jayaram. A suivre !

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 12


Munnar

La mousson s’est manifestée par moment avec quelques pluies intenses mais les jours prochains nous devrions être sous beaucoup de pluies !! Avec Aratim nous avons fait le bilan du projet « Eau et Assainissement » et envoyé a la Dhan le planning des prochaines étapes. Si tout se passe bien le projet pourrait être terminé dans le courant 2029.

Nous sommes satisfaits du travail accompli ces derniers jours ! Il faut que décante en nous tout ce que nous avons vécu, entendu et vu ! C’est une épreuve que de rencontrer les familles démunies de tout, sans même l’accès à l’eau potable et a des sanitaires !! Depuis plusieurs décennies où j’ai rencontré des situations de pauvreté et de misère sous des formes différentes, je peine à en parler. Comment traduire face à un occidental ce que vivent des centaines de millions de personnes !! L’écart est trop grand entre eux et nous pour donner aux mots une compréhension commune …

Savoir et ressentir les choses conduisent parfois au silence ! L’important est d’agir et ce que font tous les bénévoles qui s’engagent pour l’autre n’importe où, là où ils habitent ou à l’autre bout du monde. Aucun engagement ne vaut plus quʼun autre quand il est au service de l’autre plus démuni que soi. Nous avons un peu récupéré des 10 jours derniers mais pas assez, le climat a cette saison est éprouvant. Le taux d’humidité est de 84%, nous sommes moites et notre respiration plus difficile.

Nous sommes allés visiter une usine de the et découvrir les plantations de thé ! Les paysages sont magnifiques et les formes douces des collines cultivées sont sculptées par les mains des femmes qui ramassent le thé. Avant l’arrivée des anglais ce n’était que des forets. L’importation de Chine, des pieds de thé, de la famille du camélia, a modifié toutes la géographie de cette partie de l’Inde.

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 11


Anachal

Nous avons quitté Theni pour traverser le Ghats occidental, moyenne montagne qui sépare le Tamil Nadu du Kerala. Nous quittons une Inde pour une autre très différente ! Ici il est parlé le malayalam et pas le tamoul, c’est montagneux, très verdoyant, il fait 13 degrés de moins, c’est plus riche économiquement, plus touristique, les chrétiens sont en plus grand nombre, l’éducation est très développée, c’est le pays des épices et de la médecine ayurvédique et des ethnies petites et fines avec les plus beaux cheveux du monde, dit-on, chez les femmes !! La route est un régal ! Nous visitons un jardin aux épices et aux plantes médicinales avant d’arriver dans le gite écologique de notre ami Praveen. Nous allons nous poser deux jours car nous sommes très fatigués … Il faut aussi soigner quelques petits « bobos »! Nous sommes dans un cadre paradisiaque face à la jungle, les cigales chantent à tue tête et nous apprécions cette journée de repos !

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 10


Andipatti Jakkampatty

Après une courte visite d’un petit temple dédié à Shiva, vieux de plus de 1000 ans, nous poursuivons notre travail sur le terrain en nous rendant, tout d’abord, au « Food Festival » organisé par les femmes de plusieurs villages du district de Theni. Ces femmes sont regroupées par 20 à 40 personnes et prennent en charge l’organisation du village. Il peut y avoir plusieurs « Kalanjium » dans un même village. 70 plats ont été préparés pour mettre en valeur la gastronomie locale et la diversité des légumes, fruits, riz, millets, etc. L’accueil des femmes est étonnant de joie, d’envie de partage, de nous connaître comme nous attendons de mieux les connaître ! Protocole, danses, prières, remise de cadeaux puis un temps d’échanges passionnants entre les femmes et nous. 10 questions de part et d’autres pour mieux se connaître et se comprendre ! L’activité est très animée, décontractée, précise ! Un fort moment de fraternité inter culturelle. La dégustation des plats est une agréable épreuve, rude pour nos papilles et notre palais entre les épices et le sucre !! Pas besoin de déjeuner …

Après un temps pour souffler un peu nous allons dans les 2 derniers villages que nous souhaitons étudier ! Le 1er est d’une grande pauvreté et le plus grand de notre sélection. L’accueil des femmes est, comme dans tous les villages, accompagné du rituel de la flamme et de la pause du bindu, point coloré entre les deux yeux, lieu de concentration des énergies. Les besoins sont immenses tant dans le domaine de l’accès a l’eau potable que de l’accès aux toilettes. Les filles doivent être accompagnées dans les champs par leurs mères, c’est très inconfortable, l’hygiène est inexistante ! Comme à l’école il n’y a pas de toilettes, les filles se privent de boire et sont, toute la journée, déshydratées … Pendant leurs périodes menstruelles, souvent elles ne vont pas à l’école ! Ce sont, là aussi, les femmes les premières victimes de l’absence d’eau !! Dans ce village en pente, la communauté du haut à encore moins accès à l’eau potable car le captage est en bas ce qui crée des tensions. De toute manière l’eau potable ne coule pas toute l’année ! Les villageois achètent l’eau portée par citerne à 2 roupies le litre. Nous ferons un compte rendu de nos visites que vous retrouverez sur notre site dans quelques jours. Pour le 2eme village de l’après-midi, après concertation entre les responsables de la Dhan, il est décidé de ne pas le retenir. Sa situation est moins difficile que dans un autre village où nous décidons d’aller. Retour à 20h30 pour dîner, vraiment fatigués et couverts de poussière terreuse ! À chaud nous préférons ne pas commenter ce que nous venons de vivre tant l’émotion des rencontres et ce que nous avons vu est bousculant ! Notre mission préparatoire « eau et assainissement » se termine après un dernier débriefing avec Monsieur Bharathi et les deux responsables de la Dhan nous dînons ensemble et rentrons à l’hôtel.

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 9


Theni

Ce matin départ de Myriam et Pierre pour la France. Plus de 40 heures de voyage ! La guerre du Moyen Orient déstabilise tous les circuits aériens mais c’est bien peu choses par rapport à ce que subissent les populations au Moyen Orient ….

Peu après c’est nous qui quittons l’orphelinat pour Theni. Chaque départ est semé d’émotions mais aussi de l’espoir de revenir bientôt !!! Une heure de route le long d’une plaine vivrière et de bananiers, cocotiers, de manguiers, piments, tomates, oignons, etc. ! Au loin le Ghats occidental, montagne qui sépare le Tamil Nadu du Kerala et que nous franchirons dans 2 jours. Après une réunion avec les deux responsables de la gestion des projets « eau » a la Dhan, nous nous rendons dans 5 villages où des installations d’accès à l’eau ont été montées et d’autres où nous souhaitons mettre en œuvre des installations d’accès à lʼeau. Très technique, nous passons des heures à comprendre les problématiques et pourquoi il faut choisir telle ou telle solution technique pour permettre à plus de 360 familles (1400 personnes) d’avoir accès à l’eau potable et aux toilettes ! Ces familles achètent l’eau à des prix exorbitants ou font des kilomètres pour récupérer un peu d’eau buvable mais qualifiée comme potable !!

10 litres d’eau par jour et par personne est la moyenne de la consommation !

Nous en France : 150 litres !!!