« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 30


New Delhi

Dernier au revoir à notre amie de Green Horizon Homestay, que nous vous recommandons si vous venez à Fort Cochin, dernier repas de poissons typiquement Keralais épicés et délicieux avec Praveen.

Nous quittons l’aéroport entièrement solaire de Cochin pour une escale de 12h00 à Delhi où nous devons attendre dans hall pendant 6h00 avant d’avoir le droit d’entrer dans l’aéroport international ! Il fait 30 degrés, 88% d’humidité et l’air est très pollué, ce que nos yeux ressentent avec de forts picotements ….

Merci à vous tous de nous avoir suivi pendant un mois et nous espérons que vous connaissez un peu mieux une petite partie de l’Inde et les actions d’A.S.I.E. Suivez-nous sur notre site qui à l’automne sera totalement renouvelé (asso-asie.org) Nous avons besoin de bénévoles et de donateurs pour les enfants orphelins de Nilakottai, les tisserandes très pauvres mais vaillantes et bien d’autres actions au Kerala, au Tamil-Nadu, en Ouzbékistan, en Chine et avant tout en Région Centre Val de Loire. Bonne fin dʼété marqué par un dérèglement climatique en Europe qui fera peut-être réaliser que depuis 50 ans les pays du Sud, les plus pauvres, en sont victimes et qu’il faut agir en urgence collectivement.

Alain et Emmanuelle

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 26


Kochi

Le départ approche et nous commençons a vivre un peu plus lentement pour faire le point sur tout ce que nous avons vécu depuis le 15 juillet ! En voyage, nous prévoyons toujours des temps de récupération physique -cette mission été très dense avec de longues journées-, de retour sur tous les événements vécus, d’évaluation à noter avant d’être accapares a notre retour par le quotidien ! Il n’empêche que nous marchons dans les rues de Fort Cochin, dans les ruelles ou se mêlent de nombreuses galeries d’art e des bâtiments en ruines et crasseux ! Fort Cochin est «moins » sale que voici quelques années mais des centaines de maisons et bâtiments sont à détruire. Dès qu’il ne pleut plus, les odeurs de pourriture envahissent la ville !!

Les véhicules électriques sont plus nombreux et la dernière voiture de la marque indienne Mahindra a du succès chez les riches et tentent de concurrencer la marque chinoise BYD … Renault est présent avec la Dacia et la Captur mais reste très discret !

Ce matin avec Praveen, d’Ecoventure, nous avons fait le point sur les projets au Kerala pour 2027 et 2028. Pourront-ils se réaliser, tant d’incertitudes pèsent sur l’avenir. Ici, la crise économique est très forte et l’inflation galopante. Les prix dans le bâtiment ont doublé en quelques semaines, la roupie perd de sa valeur chaque jour par rapport à l’euro (1€ =110 RP aujourd’hui et était égal a 85 RP voici un an), les devis sont garantis seulement 1 semaine !! Tout ceci rend fragile la projection sur demain ! De plus, si la France bascule politiquement vers l’extrême droite, notre association pourra-t-elle exister encore dans 18 mois ? Enfin, l’Inde risque d’être supprimée de la liste des pays ayant droit à l’aide internationale au nom que son PIB est supérieur à celui de la France. Mais calculé par habitant, l’Inde est classée très loin … Toutes ces incertitudes nous devons en tenir compte pour l’organisation de notre association.

Pour finir, nous sommes allés à un spectacle de Katakali, art théâtral vieux de 1700 ans, qui est classé au Patrimoine Mondial a l’Unesco . Il faut des années de préparation physique, de cours de danse, d’apprentissage des épopées ancestrales pour devenir artiste ! Cette activité sera également ajoutée au programme des jeunes qui viendront à Chendamangalam en février 27 … Si vous allez sur notre site (asso-asie.org) vous retrouverez les posts de notre mission et le jour 20, notre responsable du numérique, à ajouter une vidéo sur notre séjour au Camp de Sethumadai.

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 25


Alappuzha

Hier nous avons quitté Ooty et les plantations de thé de Nilgiris sous la pluie et le froid ! Dernières images des villages colorés, accrochés à la montagne et encerclés de plantations qui épousent harmonieusement les plis de la montagne. Notre chauffeur, durant 9h30, dévalera les pentes de la montagne et slalomera à travers l’important trafic de camions, de motos et de voitures. A aucun moment nous n’avons eu peur et pourtant en France, le 10ème d’une telle conduite nous ferait descendre de voiture. La confiance vient qu’ici la conduite est collective alors que chez nous l’individualisme l’emporte sur la solidarité. L’état d’esprit est en fait un élément fondamental de la manière de se partager la route. « Dis moi comment tu conduis et je te dirai dans quelle société tu vis » L’an passé en Scandinavie, nous étions étonnés dans notre voiture, de n’être presque jamais doublé et quʼentre chaque voiture il y a au moins 50 m. Le scandinave est socialement respectueux de l’autre et on ne se bouscule jamais ! « Dis moi comment tu conduis et je te dirai dans quelle société tu vis » Ce matin nous sommes allés à Alleppey pour nous promener le long des canaux et sur la plage puis pour visiter la ville qui n’a pas un grand intérêt ! Sur le chemin nous visitons la célèbre basilique Saint Andrew dont la 1ère construction, en bois, date de 1560 et fut reconstruite de nombreuses fois ! Nous revenons à Cochin au milieu d’embouteillages monstre car aujourd’hui samedi c’est une erreur que de vouloir circuler !!

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 23


Udhagamandalam

Nous avons dormi avec plusieurs couches de vêtements car nous n’avons rien de chaud et une épaisse couverture !! Le froid et l’humidité nous transpercent, nous sommes a 2200m d’altitude ! Ce soir, nous dormirons plus près du centre de Ooty pour nous promener plus facilement et dans un hôtel mieux isolé …

Après une visite d’une nouvelle usine de thé où une vidéo très pédagogique nous a apporté de nouvelles connaissances sur les différentes sortes de the, nous sommes allés visiter longuement un jardin botanique. Sans être d’une grande richesse botanique, il est bien entretenu et très fleuri. Adossé a une colline, le parcours permet de jolis points de vue et la possibilité de s’asseoir pour regarder les différentes perspectives. Venir à Nilgiri déguster et acheter du the est la raison de notre présence en plus de découvrir ce coin du Tamil Nadu. Dans une boutique spécialisée qui n’a pas vu un coup de peinture et un nettoyage en profondeur depuis un temps certain, l’employé nous présente de nombreux thés d’ici mais aussi de toute l’Inde. Un agréable moment et une cargaison de thés à ramener chez nous pour notre année à venir ! Cet après-midi nous sommes allés dans une plantation de the qui nous a offert une belle balade avec des paysages magnifiques. Notre chauffeur, très sympa, nous a accompagné et nous avons bu un énième délicieux thé au citron. Ooty a plusieurs églises catholiques, nous en visitons une. L’évangélisation portugaise a créé une communauté chrétienne très importante dans le sud de l’Inde. Le dimanche, ces églises doivent être toutes occupées de fidèles pour une des 3 ou 4 messes de la matinée. Assister a une messe est très enrichissant car la ferveur des fidèles est accompagnée de chants et musiques rythmes. Bref une journée de vacances …

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 22


Buttercombai

La mission est terminée. Nous quittons Camp Sethumadai avec un petit pincement au cour, l’équipe des guides et le personnel tribal, ont tellement été sympathiques avec nous et la jungle est d’une telle richesse, que partir n’est pas anodin !

Avec Emmanuelle, hors A.S.I.E, nous nous offrons jusqu’au 12 aout, jour de notre départ, quelques jours de découvertes de l’Inde . Après 6h00 de route dont les 2 dernières heures tout en lacets sur une route étroite, nous arrivons a Ooty. Nous sommes en montagne, il fait 11 degrés ! Le changement est saisissant à tout point de vue … Ooty est la « capitale » de la région de Nilgiri. Cette region est connue des amateurs de thé ! Elle ne ressemble en rien avec les plantations de thé du Kerala. Le thé ici est d’un qualité bien supérieure en raison du climat et de l’exposition des théiers. Ooty est une ville agréable, la population est pauvre mais moins miséreuse que dans le district de Theni. Après une journée de voiture, ballotés et toujours spectaculaire par la conduite improbable mais très professionnelle des chauffeurs, nous finissons la journée à lʼhôtel …

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 20


Coimbatore

Attention ! Ces photos ne sont pas des animaux que nous avons vu de nos yeux ! Ce sont des photos, prises voici quelques jours, des appareils photo placés par les gardes pour surveiller les déplacements des animaux et éviter le braconnage ! Nous sommes allés sur ces endroits mais n’avons personnellement rien vu ! Malheureusement @! Ce sont une panthère noire et des tigres.

Nos deux derniers jours furent intenses et passionnants. Les populations tribales sont maintenant bien séparées des villages grâce à une gestion drastique de la réserve où les entrées et les sorties sont surveillées par des centaines de gardes et de caméras. Le but est que les tribus vivent tranquillement selon leur rythme et que l’alcool, la drogue et autres trafics ne soient pas possibles ! Les membres des tribus sortent s’ils le veulent mais ne peuvent pas rentrer avec des produits illicites. Ceux qui ont voulu quitter la forêt ont pu le faire mais ils ne sont plus considérés comme membres des tribus ! Les tribus apprécient d’avoir retrouvé leur vie en petits groupes de familles. Le gouvernement du Tamil Nadu a construit des maisons en dur avec l’eau, l’électricité solaire et les sanitaires. Tout est gratuit. Ils cultivent dans la forêt leur légumes, les épices, cueillent ce qu’ils veulent. Ils ne chassent pas puisque végétarien. Les enfants vont à l’école en prenant un bus. Certains adultes hommes et femmes travaillent pour le gouvernement comme gardes, guides (ils ont été formés), dans les camps en bordure de la forêt. Ils bénéficient en ville des soins médicaux pour eux et leurs enfants, gratuitement. Les villages regroupent entre 20 et 30 familles, parfois moins !

Nous sommes allés dans un de ces villages qui a une fonction particulière. Il abrite un orphelinat d’éléphants ! Les éléphants abandonnent les petits trop chétifs, si la mère meurt personne ne prend le relais. Aussi, les animaux malades, orphelins ou abandonnés sont emmenés dans ce village. Chaque éléphant a un maître attiré qui chaque jour lui prépare des grosses boules de riz et de légumes. Les vétérinaires prescrivent pour chaque éléphant les vitamines ou médicaments à ajouter à ses boules de riz. Après les repas et les soins, le maître les conduit dans la foret ou ils circulent librement. Ils reviennent d’eux même le lendemain. Si l’animal n’est pas en mesure de vivre seul, il est garde dans un vaste enclos. C’est le cas des éléphants qui sont utilises dans les temples et qui ne sont plus autonomes. Nous avons fait 3 sorties dans la foret. La 1ère où nous avons rencontré une tribu. La deuxième où nous sommes allés marcher, sous la pluie, et avons vu et observé, des dizaines d’oiseaux, d’écureuils géants et volants, d’animaux petits et grands ou gros que les 3 guides et Praveen nous montraient. Ils les prenaient en photo et ils nous les partageront dans quelques jours. Nous avons assisté à un moment magique ! Un Malabar, sorte de grande biche, grande comme un cheval, était devant nous, inerte, inquiète. Un rugissement nous a signale qu’un léopard devait la chasser ! Le tigre ne mangent pas cet animal, trop petit pour eux ! Le tigre attaque les gaurs, énormes sortes de taureaux mais bien plus grand et gros ! En photo, il y en a des juvéniles !

Malgré une longue attente, rien ne s’est passe ! Le léopard aurait du traverser la route et en plein jour il hésite d’autant qu’il a dû nous sentir. Plus loin nous le retrouvons, sans le voir, en chasse de « samba deer », gros chevreuils qui étaient paniqués ! La encore, « les samba deer » se sont déplacés hors de notre champ de vision et nous n’avons pas la fin de l’histoire … Ce matin nous avons fait un trek à pied pendant 4 heures. Oiseaux, papillons, insectes, gaurs, cervidés, wild dogs, sorte de renards grands comme de chiens qui vivent en meutes. Nous nous sommes régalés devant tant de diversité animale mais aussi devant les arbres, fleurs, champignons, etc. Le but de notre sortie au delà de découvrir la vie grouillante de la jungle, était de marcher sur les traces d’un éléphant sauvage, signalé par des gardes. Les traces étalent fraîches, tout comme celle d’un gaur que nous verrons et celles de cervidés en troupeau. A l’approche de l’éléphant, les guides prirent de grandes précautions pour nous protéger car si l’éléphant nous voit, il peut attaquer surtout s’il ne nous a pas entendu. Surpris, il devient très agressif !! Finalement seuls des gardes en embuscade, le virent de dos et nous rapportèrent la photo ! Parmi les guides, un naturaliste nous accompagne et c’est lui qui nous a raconté la vie de la flore et la faune. Notre séjour à Sethumadai se termine ! Nous validons que cet endroit est idéal pour accueillir les jeunes lors de la prochaine mission à Chendamangalam si l’équipe d’organisation est d’accord. Intérêt du lieu, hébergement parfait, sécurité pendant les treks assurée, négociation du tarif positif !!

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 19


Coimbatore

4h30 de route en direction du nord du Kerala pour rejoindre le Tamil Nadu où nous allons dans le camp Sethumadalai du Forest Département, inauguré voici seulement quelques mois. Nous sommes les premiers étrangers à y venir. L’objectif est de comprendre comment, au Tamil Nadu, le Forest Département gère la protection des populations tribales et la jungle. Depuis 4 ou 5 générations, les populations tribales étaient délaissées et un aller et venue entre leurs villages et les villes a contribué à ce que le pire de la civilisation urbaine entre dans les tribus ( alcool, drogue, nourriture industrielle, pollution plastique, maladies, etc.) sans que le meilleur s’installe ( hygiène, émancipation des femmes, etc.). Certes les enfants sont scolarisés, mais le négatif l’emporte !!

Nous avons 3 jours pour comprendre la nouvelle gestion des populations tribales et la protection de la forêt qui était chassée au détriment de tous les animaux sauvages, dans la perspective de Bourges 2028 et pour voir comment intégrer dans la mission de février 27 un court séjour dans la jungle pour rencontrer des populations tribales et découvrir la forêt. Il y a 7 types de forêts sur les quelques 10000 km2 uniquement sur le Tamil Nadu puisqu’elles se poursuivent sur le Karnataka et le Kerala faisant de cette réserve une étendue de plus de 18000 km2 !

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 18


Kochi

Il pleut beaucoup depuis deux jours mais nous essayons de profiter des accalmies pour marcher … Marcher nous manque car nous circulons surtout en voiture et en rickshaw. Demain nous partons pour la foret au Tamil Nadu, nous allons pouvoir nous rattraper ! Ce matin nous avons visité le Deutch Palace ( Palais des Hollandais) qui pourra être un sujet dans la préparation des jeunes l’année prochaine et une visite instructive. L’histoire de Cochin à partir du 16ème siècle est une succession de guerres entre les portugais, les hollandais, les anglais, les français ! Posséder Cochin était important car c’était une place importante pour faire du commerce ! La mission est plus calme depuis deux jours mais des demain nous partons au Tamil Nadu pour comprendre un peu mieux le milieu de la jungle et pour rencontrer des populations tribales. Je suis impatient !!!

Mais comment financièrement s’organise une mission à A.S.I.E ? Souvent des personnes soupçonnent que les bénévoles des associations en tirent des avantages personnels. Oui, ils sont culturels et humanistes mais pas financiers. Être bénévole c’est donner de son temps pour une cause à laquelle on adhère. Au delà du temps donné, la solidarité internationale conduit à des déplacements sur le terrain que l’association ne peut prendre à sa charge car trop couteux. Aussi, notre association est reconnue d’intérêt général ce qui signifie qu’elle accomplit une mission que l’État reconnaît devoir faire mais qu’elle délègue à l’association. La solidarité internationale est un devoir de l’État auquel nous nous substituons. Pour faciliter l’engagement, il permet de défiscaliser 66% des dépenses des missions. Aussi, en tant que bénévole, nous payons 100% des frais engagés (transports, hébergement, visa, médicaments spécifiques, etc.). Une attestation fiscale nous est remise et nous permettra à ce que 66% du montant soient retirés des impôts. C’est clair, transparent car tout doit être sur facture. Aux 33% qui restent à notre charge nous ajoutons tous les frais de repas et autres dépenses pour lesquelles nous n’avons pas de facture ce qui est toujours le cas en Inde. Ce principe est malgré tout injuste car les bénévoles qui ne paient pas d’impôts sur les revenus n’en bénéficient pas … A l’association dans ce cas, nous trouvons des aides ou des dons pour permettre à tout le monde de partir. C’est la même chose pour les jeunes qui partent en mission. Cela suppose une gestion comptable stricte et lourde à suivre. Daniel, notre trésorier en sait quelque chose !!! Merci à lui pour son engagement total ! Ce soir avec Praveen, d’Ecoventure, nous avons organisé les prochains jours dans la forêt et nous nous couchons tôt car demain sera une longue journée !

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 17


Kochi

Le temple, dédié à Vishnu, de Chendamangalam est au même endroit depuis 3000 ans. Sa caractéristique actuelle est qu’il est en bois et que des milliers de supports de bougies entourent ses murs extérieurs. Lors des cérémonies ( festivals) les bougies donnent l’impression qu’il est en feu. Le plus important festival a lieu en avril mais beaucoup d’autres moins importants ont lieu régulièrement. C’est un lieu très fréquenté et lors des missions de jeunes une visite guidée s’impose. Aujourd’hui nous avons travaillé sur deux projets avec Meenakshi et Praveen. Le premier concerne Bourges 2028, capitale européenne de la culture. Dans le cadre deux projets la mise en avant des droits de l’environnement, en partenariat avec le Tribunal de Bourges et le Muséum d’histoire naturelle, nous souhaitons mettre en avant ce que peuvent nous apporter les peuples premiers peuples tribaux) dans l’étude de leur relation ancestrale avec la nature. Ils possèdent des connaissances et ont des comportements qui les mettent à égalité avec tout le vivant. Depuis la révolution industrielle, l’humain s’est placé comme seul décideur de ce que la nature lui doit (eau, air, minerai, pétrole, gaz, animaux, biodiversité, etc.). Inutile d’expliquer ce à quoi cela conduit partout sur la planète : gaz à effet de serre, hausse des températures, fonte des glaces, montée des eaux, feux, sécheresses, inondations, crises économiques et guerres pour s’approprier le reste des ressources, famines, déplacement des populations, etc. Cette ère n’est pas géologique, elle est la 1ère évolution de la planète causée par un phénomène autre qu’elle même ! Ce sont les activités des humains qui ont modifié l’évolution de la planète et cette ère se nomme : anthropocène. Depuis les années 1950 et surtout 1970, les scientifiques mais aussi beaucoup de gens des campagnes, des paysans, alertaient sur les dangers du mode de développement choisi et imposé par la manipulation des informations. Le consumérisme, nouvelle religion, nous a aveuglé et l’écologie politique de René Dumont et autres lanceurs d’alerte a rapidement été prise en main par une classe sociale qui a marginalisé, par leurs discours et attitudes, le fond du problème …

Une nouvelle voie est urgente, dramatiquement urgente, et revenir à la raison et à la connaissance des peuples premiers peut nous aider. Descendre l’humain du piédestal sur lequel il s’est mis, pour reprendre notre place parmi le cercle O du vivant ! Cette nouvelle ère s’appelle le symbiocène. Les humains se sont créés des droits, il faut en donner à tous les vivants : insectes, oiseaux, herbes, arbres, eau, terre, air, bactéries, etc. A.S.I.E est membre du groupe opérationnel du Droit de l’environnement présidé par le Tribunal et par le Muséum d’histoire naturelle de Bourges. En novembre prochain un colloque établira, entre autres, ce que seront les droits des marais de Bourges et les droits des chauves-souris (Bourges est un centre mondialement connu pour ses recherches sur les chauves-souris). Ces actes, plus qu’un symbole, ouvriront une action en 2028 lors de Bourges Capitale européenne de la culture. A ce moment, nous imaginons entrer en contact avec les tribus du Tamil Nadu et peut-être faire venir des membres de tribus pour expliquer ce que sont leurs rapports à leur environnement. Le but du symbiocène nʼest pas de revenir à l’âge de pierre ou même les années 1950, mais de s’inspirer des modes de relations avec l’environnement pour agir dans notre quotidien, pour nos créations de richesses, nos réels besoins et non désirs compulsifs, notre répartition des ressources et richesses, nos choix démographiques, etc. Dans quelques jours nous nous rendrons dans des tribus au Tamil Nadu pour échanger avec ces peuplades et voir com- ment récolter leurs savoirs et les transmettre …

Avec Meenakshi et Praveen nous avons commencé à travailler sur la 2ème mission en février 27 avec les tisserandes à Chendamangalam. Une nouvelle réunion de travail est nécessaire pour finaliser le projet. Les rickshaws (touc-toucs en Afrique) sont plusieurs dizaines de millions en Inde. Ils polluent énormément ! Le gouvernement indien a décidé de les remplacer par des rickshaws électriques (couleur bleue) pour les années 2032 et 2030 à New Delhi où il y en a 500 000! Solution moins polluante, et c’est urgent, mais pas pérenne en raison de l’utilisation de batteries coûteuses en terres rares et difficilement recyclables !! Un pas important mais qui ne peut être que transitoire. Aratim nous a quitté pour rentrer en France, il nous a apporté beaucoup de compétences et d’expériences pour les futurs projets à Nilakottai, à Theny et à Chendamangalam. Merci à Centraider de permettre à leur équipe d’accompagner des associations directement sur le terrain. Aratim a aussi beaucoup appris et va intégrer ces nouveaux savoirs dans la manière de gérer des actions en Inde ! Pour finir nous vous offrons une pluie de moussons qui serait bien utile en Europe !!

« Au cœur d’A.S.I.E » Tamil Nadu – Kerala 26 Jour 16


Chendamangalam

Chendamangalam est un district ( département) et le nom de la ville principale. C’est la dernière action sur laquelle nous allons travailler de cette mission. Les tisserandes de Chendamangalam étaient 400 en 2018 dans plusieurs collectifs de femmes. Réputées pour la qualité de leur travail, elles vendaient leurs saris et autres tissus dans tout le sud de l’Inde. Entièrement fait à la main, les familles venaient acheter les saris et tissus pour les grands événements comme le mariage ! En 2018, une très forte mousson provoqua une coulée de boue qui submergea le village et recouvrit les maisons. Il y eut de nombreuses victimes et un grand nombre de familles quittèrent le village pour aller à Cochin dans le bidonville. A.S.I.E est informée et, avec le soutien du Conseil départemental du Cher, nous envoyons à notre partenaire, Ecoventure, une aide financière pour acheter des ustensiles de cuisine pour que les familles ayant tout perdu, puissent cuisiner ! Pendant 2 ans, les familles ont dégagé et réparé leur maison et les ateliers ! 200 tisserandes restaient pour reprendre le travail. Mais la Covid 19 survint et pendant deux ans bloqua les populations. De très nombreuses personnes moururent du virus ! En 2022, il ne restait plus que 40 tisserandes !

Ecoventure nous informa qu’une jeune femme de Chendamangalam, brillante étudiante à Delhi, rentrée pour retrouver sa maman à la suite du décès de son papa, voulait aider les tisserandes à reprendre leur activité et qu’elle cherchait des partenaires associatifs pour soutenir les collectifs de tisserandes. En mission à ce moment là nous sommes allés sur place et avons convenu de mettre en œuvre un projet de réparation des métiers à tisser presque tous cassés. En février 26, 10 élèves du lycée du bâtiment Jean de Berry de Bourges sont venus faire l’inventaire des métiers réparables et ils ont réparé deux métiers à tisser ce qui permis l’embauche de 2 tisserandes … Une nouvelle mission aura lieu en février 27 pour poursuivre le travail et aller plus loin dans le soutien qu’on pourrait apporter à ces femmes toutes de castes basses. Une réunion de travail demain mettra au clair les idées collectées aujourd’hui ! Nous étions accompagnés par le docteur Marvel qui a pu donner des conseils sur les postures à avoir pour éviter les maux de dos, des épaules et des genoux. Emmanuelle dessine depuis le début de la mission, le lien ci-dessous vous conduit vers ses dernières productions

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